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L'élevage des eulophes

   Les premières importations d'eulophes eurent lieu à la fin du XIXème siècle avec deux sous-espèces: l'eulophe à cou jaune (P. m. xanthospila) et l'eulophe ordinaire (P. m. macrolopha). Mais à la fin des années 1890 il n'y avait plus aucun oiseau captif de cette espèce. Ce n'est que vers la fin des années 1920 qu'ils réapparurent dans les collections, de façon épisodique, leur élevage étant jugé très délicat. Depuis, bien que présent en captivité, l'eulophe n'a jamais été un oiseau très populaire pour les éleveurs de faisans et les effectifs captifs demeurent limités.
    Il ne s'agit pourtant pas d'une espèce délicate mais il existe quelques contraintes d'élevage qu'il faut connaître si on veut les conserver plusieurs années le besoin d'un sol bien drainé, le régime alimentaire, la sensibilité à quelques parasites.

    Les eulophes sont des oiseaux placides qui n'exigent pas une grande surface15 m2 suffisent pour garder un couple et ils pourront sans problème partager cet espace avec un couple de colombes, même terrestres. La volière devra être plantée et, si possible, parsemée de rochers ou troncs, sur lesquels ces oiseaux aiment se percher. Ceci n'empêche pas de disposer des perchoirs qui seront adoptés surtout la nuit. Le sol doit être parfaitement drainé car les eulophes ont horreur de l'humidité, comme la plupart des faisans de montagne d'ailleurs. Le mieux, si l'on ne dispose pas d'un sol sablonneux ou caillouteux, est de monter la volière sur un lit de 30 cm de tout-venant relié à des drains. Les eulophes étant de grands amateurs de verdure, il est tentant de les garder sur pelouse, comme les tragopans. Toutefois le gazon favorise le développement de nombreux parasites (véhiculés par des vers de terre par exemple) auxquels les eulophes sont aussi extrêmement sensibles. Il est donc préférable de les garder soit sur du sable, soit sur un lit d'écosol (écorces, aiguilles de pin, etc…)

    Cette espèce est parfaitement résistante au froid et ne nécessite aucun chauffage. Un abri leur permettra cependant de se protéger des pluies trop fortes.
    Le régime alimentaire sera presque exclusivement constitué de verdure, aussi variée que possible, et de fruits (notamment des baies et des petits fruits, en été et en automne), le complément en protéines animales étant assuré par des vers de farine et des granulés «faisans» en faible quantité. Il faut aussi éviter les apports excessifs de graines. Les excès de graines et de protéines provoquent un engraissement important à l'origine de chutes de ponte et d'une longévité réduite.


    Cette espèce s'élève ordinairement en couple. Les jeunes sont assez faciles à apparier. Par contre il est plus difficile de refaire un couple avec des oiseaux adultes, la poule se montrant parfois très agressive envers le mâle (mais l'inverse est aussi vrai, dans certains cas
La ponte débute en avril et dure jusque début juillet. La poule pond généralement au sol, soit dans un nichoir, du type cageot abrité sous un petit auvent, soit au pied d'un arbuste ou d'un rocher, dans une cavité qu'elle aura creusée. La taille de la ponte est habituellement de 6 à 9 œufs mais il est possible d'en obtenir beaucoup plus, ainsi qu'il a été précisé plus haut (§ nidification) si les œufs sont retirés au fur et à mesure qu'ils sont pondus. La durée d'incubation est de 26 à 27 jours et l'incubation artificielle ne pose pas de problèmes, à une température de 37°5C et 45% d'hygrométrie.
    Les poussins rappellent étonnamment ceux des tragopans, en plus petits et plus clairs, et sont très familiers lorsqu'ils sont élevés à la main, venant    prendre des vers de farine décortiqués et même sautant dans le creux d'une main tendue dans leur boite d'élevage. La première semaine, leur nourriture est constituée de pâtée faisandeau 1 âge, complétée par des vers de farine mous et des miettes de trèfle haché. Puis, à partir de 8 jours, il faut augmenter progressivement la ration de verdure en la diversifiant et en ajoutant des fruits finement coupés, l'aliment composé restant cependant la ration de base, avec quelques graines de millet. Vers l'âge de 3 semaines, les graines seront aussi diversifiées (mélange colombe par exemple) et on remplacera progressivement l'aliment composé «âge» par des granulés «âge». Dès lors, la ration de verdure et de fruits va devenir le régime principal des jeunes eulophes. Les faisandeaux de cette espèce sont sensibles aux excès de température.
    Les jeunes eulophes grandissent assez vite et revêtent le plumage de l'adulte dès la première année. A l'âge de deux mois, il est possible de distinguer les sexes, les mâles ayant déjà le dessin des taches blanches du cou, et des plumes de poitrine plus foncées

    La réputation d'espèce difficile à garder en captivité tient aussi au fait que les eulophes sont très sensibles à la syngamose et à l'aspergillose. Pratiquement, il faudra éviter de les garder sur de la paille (source de spores d'Aspergillus) et mettre en place un sérieux programme de vermifugation. Les eulophes, en petite volière (15 m2), doivent être vermifugés tous les deux mois en alternant les matières actives, de façon à éviter une accoutumance au vermifuge. Certains éleveurs, bien que cela ne se fasse plus guère aujourd'hui, gardaient ces oiseaux sur du grillage de façon à rompre les cycles parasitaires.


par Alain Hennache
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Pour en savoir plus

MONOGRAPHIE DES FAISANS

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